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Sa Majesté la Reine Élisabeth II a fêté ses 90 ans.

Sa Majesté la Reine Élisabeth II a fêté ses 90 ans.

(07/05/2016)

En France, on est toujours un peu embêté : faut-il écrire Elizabeth II, avec un z, ou Élisabeth II, avec un s ? Soyons courageux, adoptons l’orthographe française. La Reine Élisabeth II a eu 90 ans le 21 avril 2016. Qu’en dire ? Qu’en penser ? Je ne vais pas me lancer dans le « prêt-à-penser ». Que chacun se pose ces questions, y réfléchisse un peu et y apporte ses propres réponses. Personnellement, si j’ai l’occasion, dans un lointain futur, de fêter mon 90ème anniversaire, j’en serai plus qu’heureux. C’est bien pour la Reine ! On lui souhaite même la longévité exceptionnelle de sa mère, Elizabeth Bowes-Lyon, qui a vécu jusqu’à 101 ans. Pour bon nombre d’entre nous, nous n’étions pas nés que Élisabeth II était déjà reine. On a peine à le concevoir mais elle a côtoyé et coudoyé des personnalités depuis longtemps disparues : George V, Churchill, Kennedy… Cet évènement, c’est bien aussi pour la numismatique anglaise et les personnes qui seraient tentées d’acquérir quelques jolies pièces britanniques toutes neuves pour grossir leur collection de monnaies. Ces quatre-vingt-dix ans de La Reine ont été l’occasion pour la Royal Mint de frapper de nouvelles pièces commémoratives. Il y en a pour toutes les bourses car vous pouvez trouver en cet anniversaire des monnaies en cupronickel autant qu’en argent. Cependant, la Twenty pounds en argent est tout à fait abordable. Une petite 20 livres sterling en argent, ça ne vous tente pas ? Il y en a 150 000 exemplaires. Tous les collectionneurs peuvent en avoir une. Ça fait un petit souvenir sympa. La gravure du revers des monnaies commémoratives produites pour l’occasion est l’œuvre d’un certain Christopher J. Hobbs (CJH). Bon, normalement, le rythme effréné des frappes de monnaie outre-Manche devrait maintenant se calmer un peu. On est tranquille pour dix ans, là, non ? Non, parce que, pour être franc, on commence à en avoir un peu marre de toutes ces pièces : ça saoule, à force ! Rendez-vous en avril 2026 ?! On verra bien. We will see.



Il revient à Elizabeth II d'avoir régné le plus longtemps sur le Royaume-Uni. Source du l'illustration : The Spectator

Le règne d'Elizabeth II est désormais le plus long de l'histoire du Royaume-Uni !

(13/09/2015)

Voilà, c'est fait ! C'est historique ! A partir du mercredi 9 septembre 2015, la reine Elisabeth II a régné sur le Royaume-Uni plus longtemps que son aïeule Victoria (son arrière-arrière-grand-mère) ! Félicitations à La Reine ! Certes, il y a dans l'actualité d'autres sujets bien plus importants qui entrent de plain-pied dans notre histoire contemporaine, comme l'afflux de migrants en Europe... Mais, si vous me le permettez, restons-en ici à l'histoire de la Grande-Bretagne. La reine Victoria commença son règne en 1837, à l'âge de 18 ans, et le termina en 1901, âgée de 81 ans. La reine Elizabeth II commença son règne à l'âge de 26 ans, en 1952, et l'a poursuivi sans faillir jusqu'à nos jours. Elizabeth II a aujourd'hui 89 ans. Cette rapide comparaison entre les âges d'accession au trône d'Elizabeth II et Victoria vous permet de voir qu'il n'était pas si aisé pour Elizabeth II de parvenir au record que sa belle longévité vient de lui permettre d'atteindre. Elle est aussi (vous l'aurez remarqué si vous avez bien suivi) la souveraine du Royaume-Uni à avoir vécu le plus longtemps. Sous le rapport strictement numismatique, il va de soi que l'atelier monétaire britannique (The Royal Mint) ne pouvait manquer de marquer le coup. De nombreuses monnaies commémoratives sont frappées pour l'occasion (voir The longest reigning monarch). Une couronne en argent. Une pièce de 20 livres sterling en argent, plus accessible. Et bien d'autres encore, en argent, en or, en platine, mais aussi en cupro-nickel ; il y en aura pour tout le monde ! L'illustration humoristique qui illustre ce bref article vous montre qui, avant Victoria et Elizabeth II*, avait régné le plus longtemps sur l'Angleterre, il s'agissait de George III ! Notez que Victoria et George III ont l'air de faire la tête !

* L'orthographe francisée est Élisabeth II, avec un s.


Exemple de pièce anglaise portant la nouvelle effigie d'Elisabeth II, "the new coin portrait".

Une nouvelle effigie de la reine Élisabeth II pour les monnaies du Royaume-Uni.

(07/03/2015)

L'année 2015 aura été l'occasion d'un changement important dans la numismatique anglaise. En effet, le 2 mars 2015, une nouvelle effigie (new coin portrait) de la reine Élisabeth II (Elizabeth II, avec un z, est l'orthographe non francisée) a été présentée au public londonien. Toutes les monnaies frappées par l'atelier monétaire britannique dans le courant de l'année 2015 porteront sur l'avers cette nouvelle effigie de la reine Élisabeth II. L'auteur de ce travail de gravure se nomme Jody Clark. A Trente-trois ans, il est le plus jeune parmi les graveurs des cinq portraits monétaires d'Élisabeth II existants au Royaume-Uni. Quelle est la principale particularité de cette nouvelle gravure ? La reine semble sourire ! Capturer un sourire sur une pièce de monnaie, voilà qui n'est pas banal ! Quel talent, ce J.C. ! Ce nouveau portrait vient remplacer sur les monnaies britanniques celui de son prédécesseur, Ian Rank-Broadley, exécuté en 1998, il y a déjà dix-sept ans. C'est la cinquième effigie créée pour le Royaume-Uni, cependant il en existe d'autres pour certains pays membres du Commonwealth, notamment le Canada. Si les collectionneurs le souhaitent, ils peuvent d'ores et déjà se procurer des monnaies d'Élisabeth II portant la nouvelle effigie en allant sur www.royalmint.com. A noter : une monnaie de deux livres sterling avec au revers une nouvelle gravure de Britannia est disponible ; voilà une occasion de faire d'une pierre deux coups et d'avoir sur une seule pièce de monnaie deux figures incontournables du monnayage britannique moderne ! Pour finir, Sa Majesté la Reine Élisabeth II est rentrée le 6 février dernier dans sa 63 ème année de règne et bientôt, au mois de septembre prochain, elle aura eu un règne aussi long que son aïeule Victoria ! Il n'est pas impossible qu'une monnaie commémore ce record du plus long règne anglais… A suivre.


Pièce commémorative pour le premier anniversaire de George de Cambridge

George de Cambridge, un enfant né sous une bonne étoile.

(11/08/2014)

L’atelier monétaire du Royaume-Uni de Grande-Bretagne a décidé, semble-t-il, d’inonder le marché numismatique de monnaies commémoratives en l’honneur du dernier né de la dynastie des Windsor. Depuis la naissance de George Alexander Louis de Cambridge, fils de Kate et William, petit-fils du Prince de Galles et arrière-petit-fils de la Reine Élisabeth II, pas moins de trois magnifiques grosses pièces en argent ont déjà été frappées par The Royal Mint en son honneur. La première, avec au revers l’inimitable gravure de St George terrassant le dragon exécutée par Benedetto Pistrucci, commémorait sa naissance, survenue le 22 juillet 2013 au St Mary's Hospital de Londres. Ce revers n’était pas apparu sur une pièce en argent depuis 1902, sous le règne d’Édouard VII. La seconde, avec au revers une gravure originale et complexe, dans le style d’un cartouche à l’ancienne, commémorait son baptême (Royal Christening). Le baptême du petit prince a eu lieu dans la chapelle royale du Palais Saint-James, le 23 octobre 2013 ; il a été baptisé par l’archevêque de Canterbury en personne. Enfin, la dernière en date, avec au revers les blasons d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande du Nord, commémore son premier anniversaire. Ce revers avait été précédemment frappé sur des monnaies en cupronickel en 1953 et 1960, mais jamais encore sur une pièce en argent. C’est probablement le premier héritier présomptif d’une lignée royale à pouvoir se prévaloir de donner dès sa première année autant de travail aux presses monétaires de son pays ! On peut d’ores et déjà dire qu’il est extrêmement privilégié. Si The Royal Mint continue à ce rythme, les numismates et collectionneurs anglais ont de beaux jours devant eux ! En conclusion, pas besoin d’être astrologue et de dresser son thème astral pour affirmer que cet enfant a une chance insolente et que la numismatique n’a pas fini de lui rendre honneur.


Portrait de Sa Majesté la reine Elizabeth II pour ses 88 ans par David Bailey

La monarchie anglaise pour les nuls !

(24/04/2014)

Le 21 avril dernier a eu lieu le 88ème anniversaire de Sa Majesté la reine Élisabeth II. Je saisis cette occasion pour essayer de clarifier quelques points concernant cette grande monarchie d’Outre-manche à l’éclat sans égal dans le monde. La monarchie anglaise recèle, pour tout Français, plusieurs faits difficilement compréhensibles ! Par exemple, les Français ont du mal à comprendre la différence entre « monter sur le trône » et « être couronné ». Ces deux évènements sont cependant bien distincts dans le temps. Dans les faits, Sa Majesté la reine Élisabeth II est symboliquement montée sur le trône à la mort de son père, le 6 février 1952. (Comprenez que « monter sur le trône » n’est donc qu’une image pour dire ni plus ni moins que la princesse Élisabeth est devenue reine automatiquement, suite au décès du roi George VI, son père.) Son couronnement n’a eu lieu que quelques mois plus tard, le 2 juin 1953, et a donné lieu à une imposante cérémonie en l’abbaye de Westminster. A l’époque, cet évènement, d’une portée internationale, a même été retransmis par la télévision française ; dans un pays aussi nombriliste que le nôtre, c'est significatif. C’est pourquoi il y a eu un jubilé de l’accession au trône en 2012 et des commémorations du couronnement en 2013 ! D’autre part, et nous revenons ici au sujet principal, les Français voient UNE tête couronnée et donc UNE couronne de la reine d’Angleterre, mais, chez les Britanniques, c’est toujours un peu plus compliqué. En effet, d’une part, la reine porte rarement sa couronne, et d’autre part… elle en a plusieurs ! Chacune lui sert dans des occasions différentes. La plupart du temps, un « simple » diadème de diamant fait office de couronne, même sur certains portraits officiels et sur certaines gravures de monnaies. Lire la suite…


La cinq livres sterling frappée cette année 2013 à l'occasion de la naissance royale du 22 juillet 2013

2013, une grande année pour la monnaie anglaise !

L'an dernier, lors du jubilé de diamant, à l'occasion des soixante ans de règne de la reine Élisabeth II, l'atelier monétaire de Grande-Bretagne, The Royal Mint, avait déjà frappé une pièce de collection pour l'occasion. Cette année 2013, on pouvait s'attendre à une suite et effectivement une monnaie a été produite pour commémorer le couronnement de la reine, qui a eu lieu le 2 juin 1953. Cependant, la Royal Mint ne s'est pas arrêtée là, elle propose cette année une profusion d'autres nouvelles monnaies*. Entre toutes, à l'occasion du «  Royal Birth  », la naissance de l'enfant de Kate et William (le petit prince George Alexander Louis de Cambridge, né le 22 juillet 2013), elle a frappé un véritable joyau numismatique dans la plus grande tradition Anglo-Saxonne : elle a sorti une pièce en argent de 5 livres sterling avec au revers Saint Georges terrassant le dragon, la célèbre gravure de Benedetto Pistrucci. Cette pièce a été frappée à 10 000 exemplaires seulement. Cette prestigieuse Five pounds en argent est un écho historique à la dernière couronne anglaise en argent portant le même revers et datant de 1902, à l'effigie d'Édouard VII, arrière-grand-père d'Élisabeth II. Une couronne portant ce fameux revers et ayant à l'avers l'effigie de George VI a aussi été frappée en 1951, mais cette dernière était en cupronickel et non en argent. On peut donc dire que cette monnaie de cinq livres sterling millésimé 2013 est un hommage sublime au passé du monnayage anglais et s'inscrit d'ores et déjà dans la grande tradition numismatique de ce pays. Les collectionneurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés car ces pièces se sont vendues comme des petits pains et on ne les trouve déjà plus que sur le second marché, vendues par des spéculateurs à des prix invraisemblables.

Mais que tous ceux qui auraient envie d'une belle monnaie anglaise en argent toute neuve avec au revers le Saint Georges de Pistrucci se consolent : The Royal Mint a innové et présente dans la boutique en ligne de son site une pièce de 20 livres sterling en argent avec au revers St Georges terrassant le dragon ; cette dernière fait 27 mm de diamètre et est donc plus petite que la 5 livres sterling du Royal Birth, mais comme on dit en anglais, small is beautiful, isn't it ? De plus, la Royal Mint a pensé à toutes les bourses en proposant cette pièce de 20 pounds au prix de... 20 pounds, ce qui fait moins de 25 euros.

* Evoquer tous les produits de la boutique de l'atelier monétaire du Royaume-Uni n'est pas mon propos, et l'éventail des monnaies produites en 2013 est si large qu'il serait même fastidieux de le faire. Je vous laisse le soin de visiter le site par vous-même ( http://www.royalmint.com ). Extasiez-vous, comme je le fais moi-même parfois, devant certaines monnaies précieuses qui sont autant d'articles de grand luxe tout à fait inabordables, quand bien même on est « fou de monnaies ». Quand c'est trop cher, il faut savoir se contenter de regarder puis revenir à la réalité et se dire « c'est beau… mais ce n'est pas pour moi ! »


Voir les monnaies commémoratives frappées pour ce jubilé.

2012, une année de festivités pour l’Angleterre.

Chacun sait que cette année 2012 c’est la ville de Londres qui accueille les jeux olympiques d’été. The Royal Mint, l’atelier qui frappe les monnaies britanniques, a prévu à cette occasion de produire un très grand nombre de pièces commémoratives. Mais la vraie grande festivité de cette grande monarchie parlementaire qu’est le Royaume-Uni, c’est bel et bien l’anniversaire des soixante ans de règne de la Reine. Le 6 février 1952, le roi George VI mourait et sa fille aînée, Elisabeth de Windsor, devenait, de fait, reine. Reine non seulement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, mais aussi souveraine d’un grand nombre de royaumes du Commonwealth, entre autres le Canada, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande. Cette dernière a beaucoup fait parler d’elle lors de la coupe du monde de rugby. Et si la victoire remportée par les All Blacks leur a valu les félicitations de la Reine d’Angleterre, c’est bien parce que ce pays est une ancienne colonie britannique et qu’au travers du Commonwealth, les Néo-zélandais, bien qu’aux antipodes des îles Britanniques, gardent des liens étroits avec les Anglais. Mais revenons à Elizabeth II, qui fête cette année le jubilé de diamant de son règne. C’est donc très exactement à partir du 6 février de cette année 2012 qu’Elisabeth II pourra fêter ses soixante ans de règne sur plus de seize pays du monde. Quant à son couronnement, il a eu lieu le 2 juin 1953. Sachez qu’Elisabeth II est déjà entrée dans le livre Guinness des records au titre de reine la plus âgée du Royaume-Uni ; la reine est née le 21 avril 1926, elle atteindra donc le 21 avril 2012 l’âge honorable de 86 ans. C’est aussi l’occasion de rappeler qu’elle est la sixième femme à avoir régné de plein droit sur l’Angleterre. La loi salique n’existe pas en Grande-Bretagne, c’est pourquoi une femme peut accéder au trône, à défaut d’héritier mâle ; la transmission de la couronne se fait par ordre de primogéniture. Parmi les reines d’Angleterre précédentes, on se souvient surtout de Victoria, dont le long règne, courant de 1837 à 1901, a marqué le XIXème siècle. On se souvient aussi d’Elisabeth première, contemporaine de Shakespeare, ayant régné de 1558 à 1603. On peut également se souvenir de Marie Tudor, dont le court règne de cinq ans s’étend de 1553 à 1558, car elle reste comme la « reine sanglante » ou sanguinaire, la fameuse Bloody Mary, qui a donné son nom au cocktail. Les autres ne sont sans doute plus connues que des amateurs d’histoire et des historiens. Il y a Anne Stuart, qui a régné de 1702 à 1714, sous le règne de laquelle s’est pourtant faite l’union de l’Angleterre et de l’Ecosse. La dernière à laquelle on pense est pourtant la première femme qui aurait légitimement dû être reine d’Angleterre : Mathilde, qui a vécu de 1102 à 1167. Elle n’a pas réussi à conserver le trône, usurpé par l’infâme Etienne de Blois. A l’époque, cette femme revendiquant la couronne d’Angleterre a dû faire face à des hommes du Moyen Âge, dans tous les sens du terme (un peu comme Ségolène Royal en 2007 face à l’infâme Sarkozy. Le règne de Sarkozy, tout comme celui d’Etienne de Blois, n’en restera pas moins dans l’histoire comme une flétrissure, une salissure, une souillure). Mais trêve de digressions, revenons à Elisabeth II. Elle avait presque vingt-six ans quand elle est devenue Sa majesté la Reine. Cependant, si son règne figure déjà parmi les plus longs en entrant dans sa soixantième année, c’est son aïeule Victoria qui détient encore le record du plus long règne sur le Royaume-Uni, qui est de soixante-trois ans et deux cent seize jours. Pour comparaison, Louis XIV a régné sur la France plus de soixante-douze ans, autre record à battre ! Vous pouvez voir toutes les pièces du Royaume-Uni produites pour ce jubilé en visitant le site officiel de la monnaie royale britannique, le Royal Mint : http://www.royalmint.com/

Il va de soi que les ateliers monétaires du Canada, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de toutes les autres nations du Commonwealth ayant pour chef d’état la Reine d’Angleterre (ainsi que les possessions britanniques telles que Gibraltar) proposeront eux aussi des monnaies commémoratives de cet évènement historique. Vous trouverez des informations plus exhaustives sur l'anniversaire des soixante ans de règne d'Elisabeth II sur Wikipédia : Tout savoir sur le jubilé de diamant d'Elisabeth II.


Révisez la succession des reines et rois d'Angleterre !

Un film à voir : Le Discours d'un roi

Mon avis : je vous parie un shilling que vous aimerez ce film ! Je me devais de voir Le Discours d'un roi (en anglais The King's speech). Je m’intéresse à l’histoire et je suis anglophile, ce qui me faisait au moins deux bonnes raisons de ne pas manquer ce film dans lequel on voit une tranche de vie du duc d’York, futur roi du Royaume-Uni, père de l’actuelle reine d’Angleterre Élisabeth II. Ayant lu un certain nombre d’ouvrages d’histoire concernant la dynastie des Windsor et l’histoire d’Angleterre, ce film ne recelait pour moi aucune surprise, mais c’était un vrai plaisir de voir que le scénario était fort bien documenté et reposait sur de véritables éléments historiques. De plus, le film est servi par des acteurs savamment choisis : Colin Firth campe un duc d'York très digne, Helena Bonham Carter incarne une sympathique duchesse d’York, Guy Pearce a vraiment quelque chose du vrai Édouard VIII, Geoffrey Rush est un Lionel Logue convainquant, Michael Gambon est parfait en George V, etc. Seul bémol : on peut regretter que cette grande figure politique que fut Churchill ne soit pas apparue plus souvent au cours du film. Bien sûr, certaines scènes relèvent de l’imaginaire – par exemple ce tête-à-tête entre le duc d’York et Churchill qui évoque le nom qu’il porterait s’il venait à être roi à la place de son frère aîné : le scénariste prête à Winston Churchill le don de prémonition ou alors il veut tracer un bon gros raccourci pour le spectateur – mais même ce qui est inventé reste assez vraisemblable. Par exemple, la servilité d’Édouard VIII vis-à-vis de Wallis, sa future épouse, est plausible. N’ira-t-il pas jusqu’à abdiquer pour pouvoir épouser cette femme deux fois divorcée, que l’église anglicane n’aurait jamais accepté comme reine ? Et c’est son frère cadet, qui, contrairement à lui, n’était pas du tout préparé à régner – comme le montre justement le film – qui va devoir le remplacer au pied levé et assumer le rôle de roi à sa place, devenant George VI. Mais cette affaire d’abdication, spectaculaire, incroyable, unique dans les annales, qui pourrait faire à elle seule l’objet d’un autre film, n’est ici que secondaire et anecdotique, car le héros de l’histoire c’est « Bertie », comme l’appelaient ses intimes, et non le grand frère inconséquent. Le héros, c’est George VI, dont le règne a vu la victoire de l’Empire britannique sur l’Allemagne nazie. Et si tout cela fait aujourd’hui partie de l’Histoire, il est fort probable que le grand public ait besoin de ce film pour « se rafraîchir la mémoire », si ce n’est découvrir ce moment clé du passé de l’Angleterre. Le film rend tout ce petit monde assez attachant, même aux yeux d’un citoyen français athée et socialiste pour qui la royauté semble totalement surannée. On en vient presque à éprouver de la sympathie pour ces têtes couronnées, et on peut s’émouvoir à l’idée que la fille de George VI, qui était encore une enfant à l’époque du couronnement de son père, a aujourd’hui presque 85 ans et règne depuis 1952 ! Nous autres, Français, avons décapité notre roi et sommes passés en république, mais soyons fair-play : puisque certains monarques européens ont su durer, concédons-leur ce droit. Long life to the Queen !

PS : Attention, ne pas confondre Édouard VII, grand-père de George VI, et Édouard VIII, frère aîné de George VI ! Révisez la succession des reines et rois d'Angleterre en cliquant sur l'affiche du film.


En savoir plus sur les anciennes monnaies anglaises

La raison d'être de ce site : une fascination pour les monnaies anglaises

Je collectionne les monnaies britanniques des XIXème et XXème siècles. De Victoria à Élisabeth II, en passant par Édouard VII, George V et George VI (père de Élisabeth II). Pourquoi collectionner ces monnaies-là en particulier ? La question que je me poserais plutôt est : "Comment peut-on ne pas être fasciné par les anciennes monnaies anglaises ?" A mes yeux, l'époque victorienne est l'âge d'or du monnayage de la couronne britannique. Non contents d'avoir eu à leur usage des pièces encore frappées dans des métaux nobles, de rutillants souverains or et de lourdes couronnes d'argent, les contemporains de Victoria et de ses descendants ont eu le privilège d'avoir quotidiennement sous les yeux, lors de chaque menue dépense, rien moins que de vraies petites œuvres d'art ambulantes. Je suis également fasciné par le fait que l'empire britannique fut le plus grand au monde, ce qui offre au collectionneur une grande variété de monnaies auxquelles la British touch a su donner une belle unité, dont la qualité des gravures et les thèmes récurrents traditionnels du Royaume-Uni sont la meilleure garantie, avec le classique rappel sur l'avers commun du profil de celle ou celui qui porta en son temps la couronne d'Angleterre. De plus, les époques victoriennes et édouardiennes ont vu fleurir, c'est le mot, une quantité impressionnante d'auteurs et d'artistes de talent : Oscar Wilde, Herbert George Wells, Rudyard Kipling, Robert Louis Stevenson, Arthur Conan Doyle et tant d'autres... Imaginez-vous tenir dans votre main une de ces monnaies de 1837 à 1910 et pensez que quelqu'un qui a peut-être marqué l'Histoire a pu la tenir entre ses mains ! Telle roupie a pu passer dans les mains de Kipling, tel shilling dans celles de Conan Doyle qui l'aura prêté à son Sherlock Holmes, telle demi-couronne dans celles de Katherine Mansfield ou Virginia Woolf.


Voir la liste exhaustive des colonies anglaises et leurs monnaies

Les anciennes colonies britanniques

Dès le début de la colonisation du nouveau monde mais plus encore par la suite, l'Angleterre va s'efforcer d'acquérir la suprématie maritime pour s'approprier plus que toute autre nation d'Europe le plus de colonies possibles afin d'accroitre ses ressources et sa richesse, et elle y parviendra, notamment par sa victoire sur la France à l'issue de la guerre de sept ans (1756-1763), qui lui donnera la Nouvelle-France, c'est-à-dire l'actuelle province du Québec fédérée au Canada, dominion britannique, et une partie des Indes bientôt britanniques, qui fournirent plus tard prétexte à faire de la reine Victoria rien moins qu'une impératrice !


Voir un exemple de thème de gravure des monnaies anglaises

Les thèmes de gravure des monnaies britanniques

Les ateliers de gravure des monnaies du Royaume-Uni se servent toujours des traditionnels symboles associés à chaque territoire de l'Union : l'Angleterre, le pays de Galles, l'Écosse, et l'Irlande du nord. L'Angleterre a pour symboles Saint Georges, la rose et les trois lions (lions d'or sur champ de gueule ou jaune sur fond rouge, dits passants, léopardés ou rampants ou encore lions Plantagenêts) ainsi que la couronne et l'ordre de la jarretière. Le pays de Galles a pour symbole un dragon rouge sur fond blanc et vert. L'Écosse est associée au chardon, au lion (cette fois se hissant ou debout et de gueule sur champ d'or ou rouge sur fond jaune), et à Saint André. L'Irlande a pour symboles la feuille de trèfle, la harpe et Saint Patrick.



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